BREXIT & E-COMMERCE : êtes-vous réellement prêts ?

L’horloge tourne et la question qui va avec : « Brexit» or « Hard Brexit » ? That is the question.

En effet, la sortie de l’Union européenne est un vrai casse-tête tant administratif que logistique pour bon nombre de e-marchands français qui vendent leurs produits au Royaume-Uni. Avec un chiffre d’affaires en 2018 de 175 milliards d’euros, le Royaume-Uni est le premier marché en Europe et le troisième dans le monde ! Et ce chiffre pourrait atteindre 200 milliards d’euros à la fin de 2019.

"Le Royaume-Uni est le leader du e-commerce
en Europe et occupe la 3ème place mondiale."

Quid des achats à l’étranger ?

Le consommateurs anglais est un habitué des achats sur des sites internationaux. Ainsi, une étude intéressante de Whistl en 2018 nous informe que plus de 1 anglais sur 3 achètent régulièrement des produits sur des sites marchands étrangers ! Plus de la moitié des 25 à 34 ans font leurs achats chez des e-commerçants étrangers au moins une fois par mois, et 1 sur 10 le font quotidiennement. Les marchés étrangers sur lesquels les consommateurs britanniques commandent la plupart des produits en ligne sont, après les États-Unis et la Chine, l’Allemagne et la France. Aux États-Unis, les acheteurs en ligne britanniques commandent principalement des articles liés à la mode ; en Allemagne, les produits électroniques, en France, les acheteurs en ligne britanniques commandent souvent des parfums et des produits cosmétiques !

Parmi les freins à l’achat, nous retrouvons les délais d’acheminement, le manque de notoriété de la marque et ensuite… les coûts d’importation… autant dire qu’avec le Brexit cette situation ne va pas aller en s’améliorant pour les e-commerçants français qui vendent vers le Royaume-Uni. 

Comment les e-marchands doivent ils organiser leurs ventes au Royaume-Uni ?

Nous n’avons pas la prétention d’avoir la science infuse mais proposons quelques pistes de réflexion pour ne pas tout simplement fermer cette destination…

Il faut bien garder en tête, que les conséquences d’un Brexit n’ont rien à voir s’il s’agit d’un hard Brexit (sortie immédiate, sans aucun accord, sans aucune période de transition) ou s’il s’agit d’un accord négocié (période de transition et potentiellement accords spécifiques douaniers, procédures simplifiées, exonérations des droits de douane sur certains produits etc …).

Comme vous vous en doutez déjà certainement, en cas de hard Brexit au 31 octobre (hypothèse officielle actuelle), on ne peut s’attendre à rien de réjouissant surtout à court terme. Le Royaume-Uni deviendra du jour au lendemain ce qu’on appelle un pays « tiers », avec qui la libre circulation, des biens notamment, n’existera plus et chaque envoi de colis sera soumis aux règles d’exportation.

"Malgré les incertitudes, il est nécessaire d'anticiper
l'impact sur votre activité et les actions à mettre en place"

Qu’est-ce que cela a comme impact concret ?

Côté Vente, en tant que e-commerçant exportateur vers un pays tiers, vous devez :

  • Vendre hors taxes (changement politique tarifaire sur votre site) et conserver vos certificats d’exportation
  • Décider si vous allez vendre en DDU (vos clients finaux anglais seront amenés à payer les éventuelles TVA et taxes douanières à la réception du colis) ou en DDP (vous allez inclure dans votre prix de vente hors taxes, la TVA et les taxes douanières qui seront dues à l’entrée des produits au Royaume-Uni)

Côté Logistique, il y aura un rétablissement de la frontière et donc un passage de douane, ce qui signifie qu’il faudra dédouaner les produits. Second effet immédiat, le passage physique à la frontière sera également ralenti et vu les volumes des flux cela risque de créer des phénomènes de congestion. Sans parler des cas où la douane aura demandé un contrôle de marchandises.
Enfin une fois le dédouanement effectué, il reste la partie finale : la livraison au destinataire et l’éventuelle récupération de la TVA et des taxes auprès de ce derniers (cas du DDU). Dans le cas du DDU, cette dernière partie sera ralentie et engendrera des coûts supplémentaires.

En résumé, rien de bien réjouissant mais il faut anticiper : modification de votre offre, évolution de vos process, délais accrus, augmentation des coûts, taxes douanières.

Quelles sont les autres possibilités ?

  • Si le Royaume-Uni est un marché stratégique, vous pouvez essayer de gérer un stock local directement avec un prestataire logistique
  • Si vous avez beaucoup de commandes, vous pouvez faire du dédouanement regroupé (coût modéré) en prenant un représentant fiscal au Royaume-Uni pour récupérer la TVA
  • Si vous êtes sur des produits légers, de faible valeur (low value) vous pouvez probablement utiliser des solutions postales ou postales « tracées » sans trop d’impact, du moins jusqu’en 2021 (pas de TVA, pas de taxes douanières, coût de dédouanement nul ou plus faible, délais peu impactés)

Malgré tout, le leader du commerce électronique s’apprête à quitter le marché unique européen du numérique, mais laisse les vendeurs et les acheteurs en ligne dans l’incertitude.