HISTORIQUE DU MARCHÉ POSTAL

Chaque entreprise a souvent l’impression que le secteur dans lequel elle intervient est très particulier et IMX ne déroge pas à cette règle. Être une PME privée, opérateur postal spécialisé sur l’expédition de courriers et de colis à l’international réserve quelques surprises. Pour mieux comprendre le fonctionnement des postes au niveau international, il faut revenir un peu en arrière.

Un peu d’histoire

L’Union Postale Universelle (UPU), qui fait partie de l’ONU, fixe des règles pour les échanges de courrier international et formule des recommandations.
Le courrier international est initialement segmenté en trois formats : P (Petit), G (Grand) et E (Encombrant). Il est distribué suivant trois niveaux de service : Economique (bateau), SAL (Service Air Lifted : aérien pour arriver au point d’entrée le plus proche dans le pays, puis acheminement routier), Prioritaire (aérien jusqu’au point d’entrée le plus proche).

 

Le système de rémunération des postes du courrier international « Les frais terminaux / Terminal Dues »

Les postes se rémunèrent, ou, en tous cas, on peut s’attendre à ce qu’elles le fassent, pour la distribution des courriers et colis dans le pays de destination.
Ce système de rémunération évolue en permanence et structure le fonctionnement du marché postal international.

Système n°1

Le premier système de l’UPU (1874-1969) s’appuyait sur un principe de réciprocité. Si vous envoyez une lettre à un ami aux Etats-Unis distribué par la poste américaine, votre ami, quelqu’un de bien, vous répondra naturellement et la poste Française vous remettra sa lettre. Fantastique, d’une simplicité remarquable, aucune rémunération n’était prévue entre les postes ! Malheureusement, ce système était imparfait et les postes ont constaté de forts déséquilibres entre les flux entrants et sortants des différents pays.

Système n°2

Ils ont donc mis en place le deuxième système de rémunération UPU (1969-1987) basée sur une rémunération au kilogramme. Ce système reste très simple : il suffit de peser au global les flux entrants pour pouvoir facturer la poste émettrice. Mais là encore, ce mécanisme révèle de véritables failles. La rémunération prévue était souvent trop faible et les postes étaient donc gagnantes lorsqu’elles exportaient du courrier et perdantes lorsqu’elles en importaient. Ce décalage a provoqué le développement du repostage : une poste du pays B venait proposer aux clients importants d’un pays A ayant du courrier à distribuer dans un pays C des tarifs avantageux. De plus, le bon sens nous dit que distribuer 100 plis de 10g coûte forcément plus cher que distribuer un pli de 1000g et qu’il n’est pas très cohérent de facturer le même prix pour ces deux prestations. Néanmoins, certains pays du monde facturent encore aujourd’hui cette prestation au poids.

Système n°3

Le troisième système, le CEPT (1987-1995) prévoyait donc une rémunération avec un prix unique au kg + un prix unique à la pièce (ex 5€ / kg + 0,3€ / pièce, soit pour un pli de 100g, 0,80€). Ce système, adopté par la majorité des pays « industrialisés » améliorait les choses mais ne reflétait pas encore les coûts réels de distribution et était contraire aux traités de l’Union Européenne.

Les accords de Reims

A partir de 1996, en Europe, plusieurs postes (mais pas toutes) ont donc signé les traités Reims (I à VI), avec une tarification toujours basée sur un prix au kg et un prix unitaire mais qui diffèrent en fonction des formats pour mieux refléter les coûts réels de distribution et qui sont en plus ajustés en fonction de la qualité de service de la distribution (système de bonus / malus). Mais comme en Europe les choses ne sont jamais simples (on risquerait de s’embêter), le fait que certaines postes soient membres de Reims et d’autres non (certaines y sont entrées, puis sorties puis de nouveau entrées …), amène des divergences très importantes sur la rémunération de la distribution d’un même pli, avec le même service dans deux pays de niveau de développement similaire ! Ces différences aberrantes sont naturellement difficiles à comprendre pour les clients.
Pour simplifier les choses, en 2016, patatras, non seulement certaines postes européennes sont dans les accords REIMS et d’autres non, mais un nouveau groupe de pays a construit de nouveaux accords (Interconnect) qui redéfinissent de nouveaux formats et changent les systèmes de rémunération !

 

L’ouverture du marché à la concurrence et l’accès des opérateurs privés aux réseaux de distribution

Ces systèmes successifs de rémunération des postes pour le courrier transfrontière étaient réservés aux « Opérateurs Postaux Désignés » par les gouvernements de chaque pays, membres de l’UPU.
La libéralisation et la régulation du marché postal demandées par l’Europe ont progressivement établi les règles permettant à des opérateurs autres que celui désigné par le gouvernement, d’accéder aux réseaux de distribution.


Les directives européennes :

La 1ère directive européenne (15 décembre 1997) a précisé le calendrier prévisionnel de l’ouverture du marché. Il a affirmé la nécessité de mettre en place des autorités de régulation et établi le principe d’un périmètre minimum du service universel, en demandant la transparence des comptes.

La 2ème directive européenne (10 juin 2002) a notamment précisé que l’export de courrier devait être ouvert à la concurrence : Article 7§1 « Dans la mesure où cela est nécessaire pour assurer le maintien du service universel, les états membres peuvent continuer à réserver des services à un (des) prestataire(s) du service universel. Lesdits services sont limités à la levée, au tri, au transport et à la distribution des envois ordinaires de correspondance intérieure et de correspondance transfrontalière entrante, que ce soit par courrier accéléré ou non, conformément tant aux limites de poids que de prix… » => le courrier transfrontalier sortant ne peut être réservé au prestataire du service universel.

 La 3ème directive européenne (20 janvier 2008) a notamment, après de longues discussions, indiqué que les marchés devaient être totalement ouverts à la concurrence le 31 décembre 2010 mais que certains pays pouvaient reporter cette ouverture au 1er janvier 2012.

Calendrier de la libéralisation du marché postal en France

1er janvier 2003 : le courrier transfrontière sortant, ainsi que le courrier domestique de plus de 100g ou de plus de trois fois le prix de timbre, sont ouverts à la concurrence.
20 mai 2005 : la loi française transpose les directives européennes. Le régulateur ARCEP est créé et IMX France obtient la 1ère autorisation pour le courrier transfrontière sortant.
1er janvier 2006 : le courrier domestique de plus de 50g ou de plus de 2,5 fois le prix de timbre est ouvert à la concurrence
1er janvier 2011 : ouverture totale du marché à la concurrence.
7 juin 2016 : l'ARCEP renouvelle son autorisation pour le courrier transfrontière sortant, et ce pour une durée de quinze ans.
 

Cette ouverture progressive et trop lente est malheureusement intervenue dans un marché en déclin (hors colis) et n’a pas permis le développement d’une véritable concurrence en France pour la distribution domestique du courrier.

Accès des opérateurs tiers aux réseaux
Il existe principalement trois méthodes d’accès aux réseaux de distribution d’un pays :
L’injection directe (ABB) : cela consiste à transporter des flux de courrier du pays A vers le pays B de destination comme n’importe quel type de marchandise et de le remettre à l’opérateur postal local comme si c’était du courrier domestique.

Le repostage (ABC) : cela consiste à confier du courrier émis dans le pays A à un opérateur postal  dans le pays B qui lui, l’acheminera à l’opérateur du pays C sous le régime international des frais terminaux.

Accès direct aux frais terminaux (AB) : cela consiste à expédier des flux de courrier du pays A vers le pays B sous le régime international des frais terminaux. Lors du transport d’approche, le flux est déjà identifié comme une dépêche postale.

Tant que le marché n’avait pas été officiellement ouvert à la concurrence (2003, mais pour rappel, la concurrence a émergé dès la fin des années 1980), les seules possibilités d’accès aux réseaux étaient les solutions d’injection directe et de repostage. L’injection directe est une solution très efficace pour des flux spécifiques (presse, marketing direct) et destinés à être distribués sur l’UE. En effet, hors UE, on est confronté au dédouanement (lors du transport le flux de courrier n’est pas considéré comme une dépêche postale mais comme de la marchandise) et les tarifs domestiques des flux égrenés sont nettement plus chers que les frais terminaux. Le repostage, quant à lui, donne accès à l’ensemble des pays du monde pour tout type de flux, mais il présente deux désavantages majeurs : délais plus longs liés au transit et marge prise par l’opérateur postal intermédiaire du pays B.
C’est pour cela qu’IMX a suivi de près et fait du lobbying pour accompagner cette libéralisation du marché et obtenir des accès directs aux frais terminaux. Cet accès aux frais terminaux, lMX l’obtient par trois moyens différents :
Les bureaux d’échanges extraterritoriaux : cela permet à IMX d’expédier du courrier dans le monde entier, en utilisant une poste partenaire tiers, mais sans que ce courrier ne transite par cette poste partenaire.

Les contrats « Third Party Access » au sein de l’UE : en s’appuyant sur les directives européennes, IMX a obtenu des postes de l’Union Européenne, de pouvoir déposer du courrier en son nom, avec son propre timbre et dans les mêmes conditions que La Poste Française.

Les contrats directs avec des postes hors UE : grâce à sa reconnaissance par l’UPU, IMX peut nouer des partenariats avec des postes du monde entier, en utilisant la documentation et les process UPU.

Cette prose est probablement absconse pour les non-initiés du secteur postal mais j’espère qu’elle vous aura convaincu que c’est un secteur qui nécessite une réelle expertise pour obtenir le meilleur service au meilleur tarif.

Laurent CAYET, CEO IMX Distribution Group